Non toujours pas de Black Friday !
La véritable origine du terme « Black Friday »
L'expression est attestée bien avant son utilisation commerciale actuelle qui correspond aux périodes de promotions ou liquidations des stocks avant les fêtes de fin d'année et qui commencent (non sans raison) après celles d'Halloween. Elle rappelle en réalité le fameux "Vendredi Noir" du 24 septembre 1869 aux États-Unis. Ce jour-là une crise financière éclate sur le marché américain. A Wall Street, deux financiers tentent alors de manipuler le marché en accumulant de l'or. Leur opération échoue et provoque un effondrement des cours qui va ruiner bon nombre d'entreprises comme de particuliers. C'est la première grande crise financière qui en augurera malheureusement encore beaucoup d'autres.
Le Black Friday commercial
Dans les années 1950 et 1960, au plus fort des trente glorieuses, la police de Philadelphie utilise l'expression « Black Friday » pour désigner le vendredi après Thanksgiving quand les rues étaient envahies par des hordes de consommateurs avides de "bonnes affaires". Les magasins étaient bondés, les embouteillages considérables et les policiers devaient travailler davantage. Dans les années 1980, les commerçants popularisent l'évènement en lui donnant un côté plus positif : le passage des comptes dans le rouge (pertes) au noir (bénéfices). Aujourd'hui ces "bonnes affaires" ou "promotions annuelles" s'étalent carrément sur plusieurs mois, comme ici entre octobre et décembre, mais en réalité quasiment toute l'année avec les sempiternelles "soldes d'hiver ou d'été", ventes privées, fausses "liquidations, etc. Et cela même en France, pays traditionnellement chrétien et non protestant, qui n'avait auparavant que faire des fêtes & traditions populaires américano-britanniques et où la vente à perte était théoriquement interdite (sauf sur Amazon, EBay, Vinted, etc.) ou à des prix tellement réduit que plus aucune entreprise française ne peut plus concurrencer des Shine, Temu... Alors naquit partout en Europe aussi une certaine forme d'esclavage !
La fausse rumeur d'un ancien Black Friday esclavagiste
Attention cependant la rumeur selon laquelle le "Black Friday" serait lié à la vente d'esclaves noirs aux États-Unis, avec des esclaves qui auraient été vendus à prix réduit le lendemain de Thanksgiving, est visiblement une légende urbaine. Elle repose sur une association entre le terme "Vendredi Noir" et l'histoire des "Esclaves noirs" américains. Mais il n'existe aucune preuve historique que cette expression ait été créée pour désigner des soldes d'esclaves à l'époque coloniale occidentale. En réalité, l'origine documentée du terme est beaucoup plus récente et semble plutôt provenir de publications militantes de noirs américains, comme celle de la chanteuse Toni Braxton qui avait partagé sur Facebook en 2014 une image accompagnée d'un message reliant le Black Friday aux ventes d'esclaves de sa communauté. Et pourtant...
La vérité sur Wall Street et l'esclavage moderne
Même si les liens avec l'esclavage noir n'a pas été démontré historiquement il n'en demeure pas moins que de pauvres travailleurs africains, asiatiques, amérindiens ou autres, sont toujours traités en 2026 comme des esclaves corvéables, toujours exploités par des profiteurs industriels multimilliardaires & tradeurs de Wall Street qui bradent particulièrement leurs travails et salaires lors des soldes de fin d'année.
Dans le fond, il existe une réalité bien plus documentée sur le fait qu'une grande partie de l'industrie mondiale de la consommation repose sur une main-d'œuvre très mal rémunérée notamment en Afrique et Asie mais aussi dans d'autres régions du monde où les pauvres fabriquent toujours les vêtements, chaussures, appareils électroniques et autres produits vendus à bas prix pour les riches consommateurs occidentaux & co. Cela alors qu'ils ne perçoivent généralement qu'une très petite fraction de leur prix de vente voir même pas du tout, comme pour l'esclavage des femmes mariés (de force), des orphelins ou enfants bradés, des vieillards, handicapés ou migrants sans papier, des prisonniers politiques ou des adeptes de communautés religieuses persécutées comme en Libye, aux Emirats, en Corée ou Chine (Ouïghours mais aussi à des Kazakhs, Kirghiz et Tibétains), etc.
En conclusion,
Si on ne peut assimiler historiquement le Black Friday à l'esclavage noir, ni juridiquement tous les travailleurs pauvres à des esclaves, on peut quand même dénoncer, comme cette militante noire américaine, le lien direct entre notre système capitaliste mortifère avec ses "promotions" indécentes et crises financières perpétuelles impulsés par les marchés boursiers internationaux comme celui de Wall Street ou de la City de Londres, et le système mafieux esclavagiste mondiale qui les nourrit et dont les patrons se servent pour réduire toujours plus les coûts et "casser les prix" au détriment des travailleurs sous payés, d'esclaves violentés comme d'autres petites entreprises européennes concurrentes, artisans, agriculteurs, etc. Ainsi, il existe bien une certaine connivence et similarité entre les systèmes politiques et économiques occultes qui tirent, en vérité, leur rentabilité et richesse de la misère et précarité, de la dépendance, soumission et de l'exil volontaire ou forcé d'autrui et parfois même de la violence et coercition exercées sur les humains les plus fragiles et démunis.
Est-ce à dire pour autant qu'il ne faut jamais acheté en soldes, évidemment non ? Comme toujours, même soldé, c'est la qualité et provenance qu'il faut chaque fois privilégier !
(Photo d'illustration de David Menidrey sur Unsplash de citrouilles d'Halloween qui rappelle le sourire carnassier de tous ces prédateurs financiers démoniaques)