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La liberté dans le maternage : la nouvelle "féminitude" ! 13/02/2018

C'est probablement l'une des pires idées reçues qu'une mère entend régulièrement lorsqu'elle déclare vouloir allaiter, porter ou même masser, pratiquer l'hygiène naturelle ou mettre des couches lavables à son enfant : "Tu vas être esclave de cela ou de lui/elle", "tu ne pourras plus sortir", "tu vas te faire envahir/bouffer/manipuler", etc. Sous-entendu, "Femme, tu vas perdre ta liberté !" Alors d'où vient cette objection ou mise en garde de quasi l'ensemble de notre société (conjoints, familles, amis, médias, professionnels, collectivités, institutions, etc.) ?

Longtemps j'ai cru qu'il s'agissait d'une vision archaïque de la maternité, ou plus précisément de ce qu'on nomme aujourd'hui le "maternage proximal" c'est à dire garder au plus près de soi l'enfant, en contact charnel et affectif son petit de sa naissance à ses premières années ; en opposition au "maternage "distal" c'est à dire prônant la séparation rapide des corps mère-enfant, prévenir leurs "dangereuses fusions", le soi-disant inévitable "complexe d’œdipe" freudien, intégrer précocement ce manque-désir-frustration avec en supplément la "nécessaire adaptation en collectivité" et donc quelque part aussi garder la main mise de l’État sur l'Individu. Aujourd'hui je sais donc que cette crainte est bien plus complexe qu'il n'y paraît et surtout bien plus récente que ce que je pensais au départ.

La maternité subie et non choisie

Alors, certes, dans les siècles précédents "l’accommodement des enfants", comme on l'envisageait alors en Occident, n'avait rien à voir avec ce qui se pratique aujourd'hui. Déjà parce qu'affectivement autant de femmes n'investissaient pas leurs grossesses comme maintenant. La mortalité mère-enfant était déjà bien trop fréquente, jusqu'au milieu du siècle dernier. Moins à cause des naissance à domicile, comme la plupart le pensent encore, qu'à cause des très mauvaises conditions d'hygiène d'antan, d'asepsie (prévention), d'antisepsie (traitement) et de la désinfection des lieux publiques comme privés, ainsi que très souvent d'une très médiocre alimentation comme boissons et même conservation (réfrigération, congélation, pasteurisation, stérilisation, lyophilisation...), surtout des laits animaux et autres produits laitiers ou frais.

En résumé, car le développement ici serait bien trop long, de multiples naissances plus ou moins fructueuses étaient davantage imposées que proposées et réellement choisies par les femmes, au sein des états comme des couples et familles, avec le poids ultra pesant des religions et des régulières politiques natalistes post-guerres ; mais aussi à cause du peu de contrôle et régulation des naissances qu'elles avaient alors à leurs dispositions (contraception, avortement, stérilisation, etc.). Sachant que la liberté, le plaisir et la sexualité féminine était tout aussi peu écoutées, admises et surtout respectées dans la plupart des civilisations à travers l'Histoire. Il en valait autant de la traçabilité de la filiation masculine que de l'honneur, de la valeur que de la respectabilité des mères par rapport aux prostituées. D'ailleurs l'esclavage sexuel des enfants, filles ou garçons, femmes ou hommes, n'étonnait plus personne, même pas nos grands penseurs, artistes ou philosophes masculins qui s'en accommodaient d'ailleurs eux-même très bien !

Bref, la liberté des femmes, et encore moins des mères, n'a jamais été réellement et pleinement de mise dans des sociétés aussi patriarcales et machistes que les nôtres. Et pourtant la plupart des mères, surtout durant les guerres où nécessités, pouvoirs et valeurs s'inversaient alors, allaitaient, portaient, parfois même massaient et s'occupaient également des besoins d'élimination des plus petits. Ou du moins pour les plus riches d'entre elles laissaient-elles les plus pauvres le faire pour elles... Mais c'était fait et cela au mieux des connaissances, mœurs et pratiques culturelles de chaque famille et époque. Et, même si parfois, comme au XVIIème et XVIIIème siècle, se fut assez catastrophique surtout dans les classes nobles ou de hautes et petites bourgeoisies, dans l'ensemble le peuple de base, lui, gardait une image assez positive des mères qui maternaient souvent et longtemps leurs enfants. A l'exception donc des servitudes et fréquents échanges de laits et services humains contre maigres salaires, aux détriments évidemment de leurs propres progénitures de ces nourrices "mercenaires", ou plutôt "misérables".

L'inversion des valeurs sur le maternage

C'est donc surtout après la Seconde Guerre Mondiale, vers les années 1950-60 en Occident, quand émerge alors à la fois les prémices de la libération sexuelle et professionnelle des femmes que l’hygiénisme et le féminisme de classes que l'image de cette maternité totale s'est vue dénigrée et morcelée. Prenant alors le contre-courant des générations précédentes, parfois de façon trop catégorique et totalitaire, les premières féministes ont tenté de soustraire leurs consœurs aux pouvoirs patriarcales, dogmes religieux et autres lois sociales sexistes. Cependant, elles ont omis, plus ou moins volontairement d'ailleurs, de se battre aussi pour les droits des mères (naissance respectée, allaitement court ou long et autres méthodes de maternages ancestrales à retrouver et non à juger comme "archaïques"). Ainsi, ont-elles laissé comme traces indélébiles dans l'esprit des générations de mères et grands-mères actuelles (cf Mme Badinter) que ce type de "maternage proximal" allait simplement à nouveau "renvoyer les femmes à leur foyer, surtout si bobos écolos, couches lavables, machin !"

Et pourtant il n'en est rien, puisqu'au contraire la jeune génération de femmes occidentales se rend bien vite compte en les pratiquant qu'à l'image de ses consœurs africaines, amérindiennes, asiatiques ou autres, que passées les délicates "mises en route" et nécessaires périodes d'apprentissage du départ, plus elles pratiquent ce type de maternage proximal longtemps et souvent et plus cela leur facilite ensuite leur quotidien voir leur profession pour certaines. Rappelons d'ailleurs que dans tous les autres pays du monde, les femmes travaillent dehors et s'occupent quand même de plusieurs petits et grands enfants en même temps, même si cela se fait le plus souvent en groupe à la différence d'ici. C'est donc bien plutôt de solidarité féminine dont les femmes ont besoin et non de contraintes sociales, travaux ingrats et sous payés, charges ménagères exclusives, etc.

Solidarité et plénitude

On voit bien désormais que cette valorisation soit disant plus "moderne et libérale" du biberon et maternage distal contre "l'antique" maternage proximal au sein, ne repose en fait sur aucun fondement, ni ethnique, ni historique, ni économique et encore moins écologique et démocratique. Car la liberté des femmes et surtout des mères n'existe toujours pas réellement dans nos sociétés occidentales, malgré certains emplois plus passionnants qu'avant ou des comptes personnels en banque plus garnis... L'autonomie financière des femmes, si elle aide parfois un temps à l'inversion des pouvoirs homme-femme, ne suffit pas à elle seule à accorder aux femmes plus de droits, égalités ou libertés. En réalité, tant que les femmes comme les hommes n'apprendront toujours pas à gérer de façon équitable et équilibré leurs responsabilités et tâches quotidiennes et n'auront surtout pas davantage de temps à consacrer à leurs progénitures, que ce soit avant, pendant comme après leur naissance, alors ils ne seront libres, ni égaux ni les uns, ni les autres.

Au contraire, aux bénéfices de tous et selon les choix de chacune, une nouvelle forme d'alternance, de complicité et d'entre-aide pourrait plutôt naître au sein des couples, familles et amis pour permettre aux mères, lors de cette transition quasi mystique ou du moins initiatique entre leur statut de femme et de mère, de pouvoir pleinement s'épanouir dans une sorte de plénitude féminine, une nouvelle "féminitude".

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